25 Nm, un châssis full aluminium et un tarif sous les 1 000 € : la Moza R25 Ultra s'annonce comme la bombe du moment dans le segment haut de gamme accessible. Mais dans cette catégorie de prix, la concurrence est sérieuse — et les promesses sur le papier ne suffisent pas toujours à convaincre sur la piste.
Note
Test réalisé sur iRacing pendant 10 jours. Base mise à disposition par Simhub.pro — code promo GAGARACING pour -3%.

Contexte du test
Soyons transparents d'entrée : ce test couvre 10 jours d'utilisation, pas plusieurs mois. C'est une première impression approfondie plutôt qu'un verdict définitif long terme. La base a été utilisée exclusivement sur iRacing, sur un setup secondaire dédié aux tests — le setup principal tournant sur une Simucube 2 Pro, qui servira de référence tout au long de cet article.
L'avantage de cette situation, c'est qu'elle permet une comparaison directe et régulière entre les deux machines, avec des allers-retours entre les deux rigs. C'est un benchmark concret, pas théorique.

Pour replacer dans le contexte Moza : la gamme a été testée sur R3, R5 et R9 — la R25 Ultra représente donc un saut qualitatif significatif à évaluer.
Présentation et design
Première surprise à la réception : la boîte est beaucoup plus compacte qu'on ne l'anticipe pour une base de cette puissance. Les habitués des grosses bases Fanatec ou Simucube seront étonnés.
La base elle-même affiche un form factor résolument moderne. Exit le design « brique » de l’ancienne gamme (R16, R21) — la ligne Ultra adopte le langage stylistique des R3, R5, R9 et R12, créant enfin une cohérence visuelle sur toute la gamme Moza. C'est un détail qui compte quand on intègre cette base dans un rig soigné.

La construction est en aluminium intégral sur les parties structurelles, avec seulement le panneau arrière en plastique — un choix assumé et cohérent avec le reste de la gamme. En main, ça pèse son poids : 9,1 kg, et ça se sent. La densité inspire confiance.

Point notable : le cogging est inexistant. En tournant l'axe à l'arrêt, zéro crantage, zéro à-coup. L'axe est d'une fluidité totale, même hors tension. Une fois allumée, c'est encore plus fluide. Ce n'est pas systématique à ce prix — certaines bases font ressentir les aimants du moteur même au repos.
Deux barres de LED flanquent le dessus de la base, gauche et droite. On y reviendra dans la partie logiciel.

Montage et connectique
Le montage est un vrai point fort. La R25 Ultra propose trois options de fixation directement en sortie de boîte : par le dessous, latérale, et en front mount. Pas besoin d'acheter d'accessoires supplémentaires — c'est loin d'être la norme dans cette catégorie.
La seule réserve sur ce point : les amateurs de systèmes à rails et T-nuts (comme on en trouve désormais chez Fanatec ou sur la Simucube 3) trouveront la solution moins élégante pour les rigs profilés. Une future version avec rail intégré serait bienvenue.

À l'arrière, la connectique est complète et bien pensée :
- •Alimentation 36V DC (bloc externe 378W, plus imposant que sur une R9, logiquement)
- •USB vers PC avec taux de rafraîchissement à 1000 Hz
- •Ports dédiés : pédalier, dashboard, shifter, frein à main
- •Prise pour bouton d'arrêt d'urgence optionnel
Le câblage full Moza reste donc impeccable dans son écosystème — tout converge derrière la base, zéro hub externe nécessaire.

À l'avant, le Quick Release Moza : solide, sans jeu perceptible, rapide à manipuler. Rien à redire.

Logiciel et réglages
Moza Pit House gère tout, comme sur les autres bases de la gamme. Si tu connais déjà l'interface depuis une R9 ou une R12, tu ne seras pas dépaysé — c'est volontairement quasi identique. Bonne nouvelle pour les utilisateurs existants.
La nouveauté principale côté software : un curseur "intensité du retour de force Pro" dans les paramètres avancés. Et surtout, la gestion des LEDs via un onglet dédié, permettant de lier les barres lumineuses à des événements en jeu (drapeau, limite de vitesse en pit lane, etc.).
L'idée des LEDs est séduisante sur le papier — et Moza n'est pas seul à l'avoir eue. En pratique, elles restent peu visibles dès lors qu'on est concentré sur l'écran. Un mode "spotter visuel" (voiture à gauche/droite) aurait transformé ce gadget en vrai outil. En l'état, c'est agréable mais anecdotique.
Les points à améliorer sont connus et persistants chez Moza : des infobulles non traduites, du franglais dans l'interface, des curseurs sans explication claire. Ça s'améliore mise à jour après mise à jour — et les mises à jour sont fréquentes, ce qui est rassurant sur la durée. Mais en 2025, une interface aussi peu localisée sur une base à 1 000 € reste une lacune notable.
Bonne surprise en revanche : la gestion des effets audio/vibration sur iRacing. La base peut générer des vibrations basées sur le son (kerbs, moteur, aspérités) — ce n'est pas de la télémétrie pure, mais l'information ajoutée est réelle et configurable finement. Simucube ne propose pas ça nativement sur iRacing. Il faut juste prendre le temps de calibrer les intensités, car par défaut c'est beaucoup trop fort.
Sensations en piste
C'est évidemment la question centrale. Et la réponse est nuancée — ce qui est en soi une bonne réponse pour une base dans cette fourchette de prix.
Premier constat : la R25 Ultra est une vraie évolution par rapport à une R9. Plus coupleux, plus réactif, plus incisif dans les transitions. Le gain est immédiat et perceptible dès les premiers tours.

Sur les réglages par défaut, les oscillations sont importantes — le volant s'emballe facilement. En passant sur les profils recommandés pour iRacing disponibles dans Pit House, ça se stabilise rapidement. Premier conseil donc : ne pas improviser avec les réglages de base sur 25 Nm.
Important
Sur iRacing, charge impérativement les profils recommandés dans Pit House avant ta première session. Les réglages par défaut à 25 Nm génèrent des oscillations qui peuvent donner une fausse impression de la base.
La réactivité est excellente. La résolution de l'encodeur à 21 bits (2 097 152 points par tour) garantit une précision très fine dans la restitution. On ressent bien les variations de grip, les limites d'adhérence et les déformations de piste.
Là où le bât blesse légèrement : une légère impression mécanique, robotique dans le ressenti. C'est difficile à verbaliser, mais il manque encore un côté organique, cette impression que le volant réagit comme une vraie direction de voiture plutôt que comme une machine très précise. C'est le seul point sur lequel la Simucube 2 Pro garde un avantage perceptible — notamment dans la restitution des micro-informations et la qualité des vibrations hautes fréquences.
Sur le refroidissement : exemplaire. Même après de longues sessions, la base reste froide. Le niveau sonore sans vibrations activées est très faible. En revanche, activer les effets vibratoires au maximum transforme l'expérience en festival sonore — le châssis entier résonne. Réglage indispensable.
La comparaison honnête avec la Simucube 2 Pro : les deux bases sont très proches. La R25 apporte plus d'informations sur iRacing via ses effets audio-vibratoires. La SC2 Pro garde l'avantage sur la finesse absolue du FFB pur. L'écart s'est considérablement réduit.

Fiche technique
Face à la concurrence : les flagships
À 944 €, la R25 Ultra joue dans une ligue à part en termes de rapport puissance/prix. Mais comment se positionne-t-elle face aux flagships de chaque marque ?
| Modèle | Couple | Moteur | Prix | Lien |
|---|---|---|---|---|
| MOZA R25 Ultra | 25 Nm | Direct Drive | ~944 € | Voir sur BMR |
| Simagic Alpha EVO Pro | 18 Nm | Direct Drive | ~804 € | Voir sur BMR |
| Conspit Ares Platinum | 20 Nm | Direct Drive | ~785 € | Voir sur BMR |
| Simucube 2 Pro | 25 Nm | Direct Drive | ~1 105 € | Voir sur BMR |
| Simucube 3 Pro | 25 Nm | Direct Drive | ~1 469 € | Voir sur BMR |
| Fanatec Podium DD | 25 Nm (33 peak) | Direct Drive | ~1 100 € | Voir sur BMR |
| Asetek Invicta | 27 Nm | Direct Drive | ~1 475 € | Voir sur BMR |
Pourquoi 25 Nm si on roule rarement au-dessus de 12 ? En sim racing, personne ne roule à 25 Nm en force brute — les poignets ne tiendraient pas. L'intérêt d'une base puissante, c'est d'éviter le clipping : quand le jeu demande plus de force que ce que le moteur peut fournir, le signal est tronqué et on perd des informations (vibrations de bordure, variations de grip, détail dans les freinages). Avec 25 Nm de marge, tu peux rouler confortablement à 8-12 Nm tout en gardant une réserve de dynamique pour les pics de force. Le moteur n'est jamais saturé, et chaque nuance du FFB est restituée fidèlement. C'est la même logique qu'un ampli audio : on n'écoute pas à fond, mais la puissance disponible garantit un son propre sans distorsion.
À qui s'adressent ces bases ? Ce segment haut de gamme vise les pilotes qui ont dépassé le stade du « ça tourne » et qui cherchent une restitution sans compromis — typiquement des habitués d'iRacing, ACC ou Assetto Corsa qui veulent sentir chaque détail de la piste. Si tu débutes ou que tu roules en casual, une base 8-12 Nm fera largement le travail. Mais si tu cherches ce dernier cran de précision et de fidélité, c'est ici que ça se passe.
Le constat est brutal : pour atteindre 25 Nm chez la concurrence, il faut soit une Simucube à +1 100 €, soit un Podium Fanatec à +1 475 €. Seule l'Asetek Invicta fait mieux en couple brut (27 Nm), mais à plus de 1 475 €.
En dessous du prix de la R25, la Simagic Alpha EVO Pro (18 Nm, ~804 €) est le choix le plus malin pour qui ne veut pas forcément 25 Nm — excellent FFB, écosystème solide et QR propriétaire de qualité. La Conspit Ares Platinum (20 Nm, ~785 €) est le outsider qui monte, avec un rapport Nm/euro remarquable et un QR compatible Fanatec.
Du côté premium pur, la Simucube 3 Pro succède à la SC2 Pro avec le nouveau système Lightbridge (sans fil propriétaire) et un FFB réputé sans égal en finesse. À 1 469 €, c'est 55% plus cher que la R25 Ultra pour le même couple. La question est simple : est-ce que la finesse du FFB Simucube vaut 525 € de plus ? Pour la majorité des pilotes, non. Pour les puristes en quête du dernier dixième de ressenti, probablement oui.
La Fanatec Podium DD (janvier 2026) est le nouveau flagship Fanatec et le concurrent le plus direct de la R25 Ultra. Mêmes 25 Nm en holding torque, 33 Nm en peak, construction full aluminium, à 1 100 €. Compatible Xbox (avec volant Xbox) mais pas PS5. C'est le choix évident pour ceux qui veulent rester dans l'écosystème Fanatec — et l'écart de prix de 156 € avec la R25 se justifie surtout par la compatibilité console et le catalogue de volants Fanatec.
Prix et disponibilité
La R25 Ultra est disponible chez les revendeurs européens. Le code GAGARACING sur Simhub.pro donne droit à -3% sur le prix final.
Verdict
Mon avis La Moza R25 Ultra est la base la plus agressive du marché en termes de rapport Nm/prix, avec un écosystème complet et une construction soignée. Elle ne détrône pas encore tout à fait une Simucube 2 Pro sur la finesse absolue du FFB, mais elle s'en rapproche sérieusement — et apporte même des fonctionnalités que la concurrence suisse ne propose pas sur iRacing.
Pour :
- •25 Nm à moins de 1 000 € : un ratio imbattable sur le marché actuel
- •Écosystème Moza complet (pédalier, dashboard, shifter) sans hub supplémentaire
- •Zéro coging, axe parfaitement fluide
- •Effets vibratoires sur iRacing configurables et informatifs
- •Form factor moderne et cohérent avec le reste de la gamme
Contre :
- •Légère impression mécanique/robotique face à une Simucube 2 Pro
- •Interface Pit House encore perfectible (traductions, infobulles)
- •Les LEDs restent un gadget en l'état (pas de spotter visuel)
- •Pas de système rail/T-nuts natif pour les rigs profilés
FAQ
Les 25 Nm sont-ils vraiment utiles au quotidien ? Non, la plupart des pilotes roulent entre 8 et 15 Nm en usage réel. Les 25 Nm servent surtout de marge pour éviter le clipping et avoir de la dynamique disponible à bas régime. Tu n'iras jamais au maximum — mais tu bénéficieras de plus de précision dans la plage courante.
Conseil
La R21 V2 est l’ancienne génération haut de gamme Moza, remplacée par la gamme Ultra (R12 Ultra, R25 Ultra). Si tu trouves une R21 V2 en promo, c’est une bonne base — mais en neuf, la gamme Ultra est le choix évident : design aligné avec le reste de la gamme, LEDs intégrées, effets vibratoires et architecture plus moderne.
Faut-il obligatoirement être dans l'écosystème Moza pour en profiter ? Non. La base fonctionne en USB standard sur PC et est compatible avec tous les simulateurs majeurs. Pit House gère les profils FFB, les effets vibratoires et les réglages directement au niveau de la base — ça marche quel que soit le volant connecté, Moza ou tiers. Les ports intégrés (pédalier, shifter, dashboard) sont un bonus pratique si tu as du matériel Moza, mais tu peux très bien brancher un pédalier Heusinkveld en USB à côté sans aucun problème.
Par rapport à une R9 ou R12, le saut en vaut-il le coût ? Si tu roules principalement en simulation sérieuse (iRacing, AC Competizione) et que tu ressens les limites de ta R9 en termes de réactivité et de détail FFB, oui. Si tu es en usage casual, la R9 ou la R12 restent d'excellents choix pour moins cher.
Pour aller plus loin
- •Comparer la R25 Ultra face aux flagships sur Build My Rig — specs, prix et dispo en temps réel
- •MOZA AB9 : le shifter à retour de force vaut-il ses 650 € ? — pour compléter ton setup Moza
- •Moza Trucking Bundle : le setup camion ultime sur bureau ? — un autre produit MOZA atypique passé au banc d'essai
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