27 newton-mètres, un refroidissement 100 % passif donc totalement silencieux, et un slew rate digne d'une base à 3 000 euros. Sur le ressenti pur, l'Asetek Invicta joue dans la cour des toutes meilleures, pour une fraction du prix. Mais il y a un passage que personne ne vous montre avant d'acheter, et il n'a rien à voir avec le pilotage.
Note
Asetek m'a prêté la base et le volant Invicta pour les tester. Un grand merci à eux. Comme toujours, je reste totalement libre de mon avis, aucun script imposé, aucun droit de regard. Et pour la juger, je l'ai comparée en direct à ce que j'ai à côté : ma Simucube 2, ma base pendant des années, et la toute dernière Simucube 3, celle sur laquelle je roule au quotidien.
Le sommet de la gamme, mais plus tout jeune
Un mot de contexte d'abord. L'Invicta, c'est la base la plus puissante d'Asetek, tout en haut de leur gamme direct drive. Mais soyons honnêtes : ce n'est plus une nouveauté. Elle est sortie il y a déjà un moment, et depuis, Simucube a lancé sa nouvelle génération, la 3.
Sur le pur raffinement, la dernière génération est passée devant, on y reviendra. Mais retenez bien son âge, parce que sur le prix, ça joue dans les deux sens. Et c'est tout l'enjeu de cette vidéo.

La bête : construction et refroidissement
Avant de parler ressenti, un mot sur l'objet. C'est un bloc d'aluminium extrudé et anodisé, avec ces ailettes qui courent tout le long. Et elles ne sont pas juste décoratives : c'est le refroidissement, entièrement passif, sans aucun ventilateur. Zéro bruit, et la base reste froide. Je l'ai même testée en pleine canicule, elle n'a pas bronché.
Côté gabarit, elle reste compacte : 13 centimètres de haut, 13 de large, 33 de long avec le quick release. Mais elle est dense. Très dense. On y reviendra au montage.
Seul petit accroc à ce niveau de prix, la façade avant est en plastique. Rien de méchant, mais on l'aurait préférée en alu, comme le reste. Pour le reste, c'est du sérieux : Asetek annonce une durabilité testée à plus de 200 millions de rotations, et 24 mois de garantie.

Ce qu'il y a dans la boîte
Le déballage est propre, et surtout il cache un vrai bon point. En plus de la base, du câble USB-C et de l'alimentation, Asetek fournit deux petits modules déportés. Un bouton marche-arrêt. Et surtout un bouton d'arrêt d'urgence, un coupe-couple.
Ils sont déportés, plutôt jolis, et ça change des arrêts d'urgence tout moches qu'on voit d'habitude. Vous les placez où vous voulez sur votre rig, là où ça vous arrange.
Important
L'arrêt d'urgence n'est pas un gadget. C'est un coupe-couple dédié, séparé du marche-arrêt, dont la seule fonction est de couper la force d'un coup. Avec 27 newton-mètres dans les mains, c'est de la sécurité.

Le retour de force, le gros morceau
Le vrai sujet d'une base, c'est le retour de force. Et là, je vais être direct : c'est une réussite.
On est sur 27 newton-mètres en pointe, un moteur direct drive développé avec Mige. Mais ce qui m'a marqué, ce n'est pas le couple. C'est la vitesse à laquelle la force monte, ce qu'on appelle le slew rate : 9,4 newton-mètres par milliseconde. C'est le slew rate de la Simucube 2 Ultimate, une base à plus de 3 000 euros. Dans les mains, ça change tout : elle réagit plus vite que tout ce que j'ai eu avant.
Et il y a un deuxième truc, plus discret, mais c'est celui qui m'a le plus impressionné. Moi, je roule en nature, sans aucun filtre, sur toutes mes bases, la SC2 comme la SC3, le signal brut du jeu jusque dans les mains. Le souci, c'est que beaucoup de bases, sans un minimum de filtrage, ça gratte, ça devient désagréable. L'Invicta, non. Même complètement brute, elle reste propre. Toute la puissance et tout le détail en même temps, sans rien avoir à lisser. C'est lisse du centre aux extrémités, aucune zone morte, aucun cran. La marque d'une grande base.
Note
Soyons précis, parce que les chiffres marketing peuvent tromper. Les 27 newton-mètres, c'est le pic, tenu une quarantaine de secondes. En continu, on est plutôt autour de 18. Mais en course, vous n'avez jamais besoin d'autant, donc aucun souci dans la vraie vie.
En piste, le vrai juge de paix
Tout ça, le slew rate, les chiffres, c'est de la théorie. Le seul juge qui compte, c'est la piste. Et c'est là que cette base se révèle.
La première chose qui saute aux mains, c'est le niveau de détail. Je sens tout : le grain du bitume, les petites bosses, le moment où le train avant se charge en appui, l'herbe quand je déborde un peu trop. Mais le détail le plus précieux, ce n'est pas la texture, c'est la limite. Je sens l'arrière partir avant même qu'il lâche. Le volant me prévient une fraction de seconde avant.
Soyons clairs, je ne vais pas vous vendre du rêve. Sur ma Simucube 2, je ressens déjà tout ça parfaitement. Mon point, c'est que sur l'Invicta, c'est exactement pareil : on est tout en haut du panier. Sur les vibreurs, c'est net et puissant, ça tape juste ce qu'il faut sans jamais sonner faux. Au fond, l'image qui me reste, c'est que j'oublie le matériel. Je ne pense plus à la base, je pense à la voiture.

Les détails malins
Au-delà du moteur, Asetek a soigné les détails, et ça compte. D'abord le quick release, repris du principe Simucube, mais alimenté. C'est là qu'arrive le fameux passthrough : tout passe par un seul branchement, le quick release, le courant et les données. Vous changez de volant en un geste, aucun câble qui pend, rien à rebrancher.
Ensuite, la base sert de hub. Vous avez cinq ports USB-C à l'arrière. Vous branchez vos pédales, votre frein à main sur la base, et votre câble management vous remercie.
Et il y a les LED : six zones, entièrement configurables. Au début c'était décoratif, mais aujourd'hui elles affichent la télémétrie, les drapeaux, le seuil d'ABS. Et placées sur la base, on les voit parfois mieux que celles du volant.

Le logiciel RaceHub
Tout ça, le retour de force comme les LED, se règle dans le logiciel maison, RaceHub. C'est là que vous ajustez le cœur du truc, le retour de force. Et personnellement, je l'ai trouvé assez intuitif et épuré.
Moi, je suis resté sur les presets, et ça m'a largement suffi. Mais si vous aimez fouiller, tout est réglable : la force globale, l'angle jusqu'à 1440 degrés, les butées, le damping. Et un réglage que j'aime bien, le corner force assist, qui allège le couple en virage sans écraser les détails de la route.
Conseil
Je place RaceHub un cran sous le logiciel de Simucube, qui reste la référence, le côté Apple du truc. Mais il s'en rapproche, et pour la majorité des gens, il fait largement le boulot sans prise de tête.

Le montage, et là, accrochez-vous
Voilà le vrai point noir. Et j'insiste, parce que c'est ce qui m'a le plus marqué sur cette base.
Première chose, elle est lourde : 11,3 kilos. Deuxième chose, le système de fixation est propriétaire. Ni le standard Fanatec, ni rien d'autre de connu. Résultat, si votre cockpit est pré-percé pour une autre marque, ça ne tombe pas en face.
Le monter sur le côté ? Pas en natif, il faut un accessoire payant. Le montage par l'avant ? Un accessoire payant aussi, et il faut démonter le cache avant, desserrer le quick release, le reculer, puis recalibrer le centre. Et le montage par le dessous, via un rail avec des écrous coulissants : sur le papier c'est malin, on fait glisser la base dans le rail. Dans la vraie vie, avec 11 kilos, et si votre support n'est pas parfaitement horizontal, les écrous bougent, et ça devient un enfer à fixer.
Au final, j'ai dû démonter l'arrière de la base pour réussir à la glisser dans le rail. Pour un produit à ce prix, ce n'est pas normal.
Astuce
Si vous devez ouvrir la base, passez par le capot avant plutôt que par l'arrière. C'est nettement moins pénible, parce qu'à l'avant il n'y a rien à part le quick release, alors qu'à l'arrière on se bat avec les câbles. C'est d'ailleurs la route qu'Asetek montre elle-même dans sa vidéo de montage du Front Mount.
Mais ça ne change rien au fond du problème. Dans les deux cas, il faut ouvrir la base pour la monter correctement. Et c'est là que ça coince vraiment.
Important
Le manuel d'Asetek interdit noir sur blanc d'ouvrir ou de démonter la base, en précisant que ça annule la garantie. Or, pour installer le Front Mount, leur propre vidéo officielle vous fait justement retirer le capot avant. La documentation vous interdit donc ce que la marque vous montre. Sur une base à ce prix, ce flou n'est pas normal.
Une base d'exception, qui se mérite à l'installation.

Fiche technique
Pour les specs complètes et la comparaison poste par poste, la fiche produit sur Build My Rig est à jour avec les prix en temps réel chez tous les revendeurs.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Couple max (pic) | 27 Nm (tenu ~40 s) |
| Couple continu | ~18 Nm |
| Slew rate | 9,4 Nm/ms |
| Moteur | Direct drive, développé avec Mige |
| Capteur d'angle | 22 bits absolu |
| Refroidissement | Passif, sans ventilateur |
| Connectique | Quick release alimenté (passthrough) + 5 ports USB-C |
| LED | 6 zones aRGB configurables |
| Poids | 11,3 kg |
| Fixation | Propriétaire (dessous / côté / avant, accessoires en option) |
| Logiciel | RaceHub |
| Garantie | 24 mois |
Face à la concurrence
Alors, où se situe-t-elle ? Et ça tombe bien, parce que j'ai de quoi comparer, en direct, chez moi.
Par rapport à la Simucube 2, l'Invicta n'a rien à lui envier. Sur la 2 Pro, à prix comparable, on est très proches, je la trouve même un peu au-dessus sur la réactivité grâce à ce slew rate plus élevé. Et surtout, j'ai la Simucube 3 juste à côté, la toute dernière génération. Oui, la 3 passe devant : plus fine, plus de granularité, plus de retour d'informations. Mais ce n'est pas le jour et la nuit, c'est une évolution, pas une révolution. L'Invicta reste sur le podium, juste un cran sous la 3.
Là où ça se complique, c'est que le marché a changé. À sa sortie, l'Invicta était une évidence, sur un marché quasiment sans concurrence à ce niveau. Aujourd'hui, deux très bons rapports couple-prix ont débarqué : la Moza R25 Ultra, 25 newton-mètres pour environ 1 000 euros, et la Simagic Alpha EVO Ultra, qui monte à 28 newton-mètres pour un tarif similaire. Un cran en dessous sur le raffinement, d'accord. Mais moins chères, et surtout, elles comblent les deux défauts de l'Invicta : le prix, et un montage bien plus simple. Il y a aussi la Fanatec Podium DD, pour ceux qui sont déjà dans l'écosystème Fanatec.
| Modèle | Type | Couple | Prix indicatif | Lien |
|---|---|---|---|---|
| Asetek Invicta 27 Nm | Direct drive, refroidissement passif | 27 Nm | ~1 400 € | Voir sur BMR |
| Simucube 2 Pro | Direct drive | 25 Nm | ~1 450 € | Voir sur BMR |
| Simucube 3 Pro | Direct drive, dernière génération | 25 Nm | ~1 470 € | Voir sur BMR |
| Moza R25 Ultra | Direct drive | 25 Nm | ~1 000 € | Voir sur BMR |
| Simagic Alpha EVO Ultra | Direct drive | 28 Nm | ~1 000 € | Voir sur BMR |
| Fanatec Podium DD | Direct drive | 20 Nm | ~1 080 € | Voir sur BMR |
Conseil
L'Invicta garde l'avantage sur le pur ressenti et sur le silence de son refroidissement passif. Mais elle n'est plus seule. Pour beaucoup de monde, un ressenti presque aussi bon, sans la galère de montage et pour bien moins cher, ça suffit largement.
Prix et verdict
Parlons-en, du prix. L'Invicta, c'est autour de 1 400 euros. Et c'est là que le fait qu'elle ne soit plus toute jeune devient un atout : à ce tarif, vous avez 27 newton-mètres, soit plus de couple que la Simucube 3 Pro, pour moins cher qu'elle.
Une chose à mettre au clair, comme pour le volant : cette base ne vous rendra pas plus rapide. Aucune base ne le fait. Le chrono vient de l'entraînement, pas des newton-mètres. Ce que vous payez ici, c'est un retour de force de référence, et un équipement malin.

Verdict
FAQ
L'Asetek Invicta vaut-elle encore le coup face à la Simucube 3 ? Sur le pur raffinement, la Simucube 3 passe devant. Mais c'est une évolution, pas une révolution. L'Invicta reste au niveau de la Simucube 2, voire un peu au-dessus sur la réactivité, pour moins cher que la 3. Elle reste sur le podium.
Quelle est la vraie puissance en continu ? 27 newton-mètres, c'est le pic, tenu une quarantaine de secondes. En continu, on est plutôt autour de 18 Nm. En course, vous n'avez jamais besoin de plus.
Le refroidissement est-il bruyant ? Non. Il est entièrement passif, sans ventilateur. Zéro bruit, et la base reste froide, même testée en pleine canicule.
Pourquoi le montage est-il un problème ? La fixation est propriétaire, la base pèse 11,3 kg, et le montage par dessous via un rail devient vite galère si le support n'est pas parfaitement horizontal. J'ai dû ouvrir la base pour l'installer. Passez par le capot avant, c'est plus simple, mais le manuel interdit officiellement d'ouvrir la base.
Est-ce qu'ouvrir la base annule la garantie ? Le manuel l'indique clairement. C'est d'autant plus gênant que la vidéo officielle de montage du Front Mount vous fait justement retirer le capot avant. La documentation se contredit.
Peut-on brancher ses pédales dessus ? Oui. La base sert de hub avec cinq ports USB-C à l'arrière. Vous branchez pédales, frein à main et accessoires directement dessus.
Pour qui est faite cette base ? Pour qui veut le meilleur ressenti possible sans payer le prix de la toute dernière génération, et qui a un cockpit solide et bien horizontal. Si vous débutez ou si votre rig n'est pas adapté à ce montage propriétaire, une Moza ou une Simagic vous donneront presque autant, pour bien moins cher et bien plus simple à poser.
Pour aller plus loin
- •Comparer l'Invicta 27 Nm face à la concurrence sur Build My Rig — specs, prix et dispo en temps réel
- •Test complet en vidéo sur notre chaîne YouTube — notre review vidéo détaillée
- •Asetek Invicta sur le site officiel — acheter directement chez la marque
Les produits de ce test, et leur prix aujourd’hui
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