Après le condensé du salon, puis mon avis, je termine cette SimRacing Expo avec les interviews. À Francfort, du 16 au 18 octobre, j’ai pu m’asseoir avec douze marques, de Fanatec à MOZA, Simucube, Sim-Lab, Asetek ou VPG. L’idée, c’est de vous donner la matière brute : des interviews quasiment pas montées, avec des infos qu’on ne trouve quasiment nulle part ailleurs.
Je préfère le dire tout de suite : c’est très commercial. Ce sont des marques qui présentent leurs produits, et je ne suis pas là pour les challenger ni pour les bousculer. C’est un parti pris. Je trouve intéressant d’avoir les détails techniques de la bouche de ceux qui fabriquent le produit, et ce qui me plaît particulièrement, c’est la partie technique, la philosophie qu’il y a derrière chaque produit. Dans la vidéo, les échanges sont en anglais pour la plupart, et j’ai choisi de les sous-titrer plutôt que de faire une voix off ou une voix IA, pour ne pas dénaturer ce qu’ils disent. Certaines interviews sont difficiles à entendre, avec la foule et le bruit des jeux, et ce sont mes toutes premières : mon anglais est parfois approximatif, il y avait du stress, et elles ne sont pas toutes aussi riches. Tout est chapitré, alors picorez : cet article reprend l’essentiel de chacune, avec le lien vers son chapitre.

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J’ai mené ces interviews moi-même, sur les stands. Aucune marque ne m’a payé, aucune n’a relu cet article avant vous. Les chiffres, les prix et les dates sont ceux que les marques donnent en interview : à part quelques essais sur les stands, je n’ai encore testé aucune de ces nouveautés.
Fanatec : le volant à écran, vu de près
Dans la zone prototypes du stand Fanatec, un membre de l’équipe, dont le nom n’a pas été dit, m’a présenté le volant à écran que le condensé appelait Project Obsidian : un nom provisoire, jamais prononcé dans l’interview.
Après le Bentley GT3 et son écran rond, « un design un peu particulier », celui-ci a « la forme que les gens réclament ». L’écran fait 5 pouces, en 1280 × 720, et tout passe sous une seule vitre : les rev LEDs, l’écran et les LED des quatre commutateurs du bas. Aucune vis en façade : la rigidité vient d’un capot arrière en aluminium, qui sert de châssis et renforce les poignées, et le circuit imprimé « flotte » au-dessus. Côté commandes : deux funky switches poussoirs, deux boutons cachés dessous (le menu de réglage et la navigation dans l’écran), quatre commutateurs multipositions eux aussi poussoirs, et deux boutons de plus au dos.
Les données arrivent dans SimHub par le câble USB ou par le Wi-Fi. « Ce sera le premier compatible SimHub », c’est ma phrase ; Fanatec la confirme : « Exactement. C’est une fonction clé qu’on voulait intégrer dès le départ. » Je lui ai fait remarquer que chez Fanatec, c’est plus difficile : la marque gère les consoles, c’est l’une des seules marques à gérer ça. D’où le Wi-Fi intégré au volant : Gran Turismo envoie sa télémétrie UDP par Wi-Fi, et Fanatec veut exploiter ces données sur PlayStation, avec ses propres designs d’affichage.
Et sur la base d’une autre marque, en USB direct ? Pour l’instant, le prototype n’envoie en USB que les données de l’écran. « On a reçu beaucoup de demandes pour ça, donc on regarde si on peut le faire. » Si ce n’est pas dans la première version, peut-être dans une prochaine. La sortie ? « Dans le courant de l’année prochaine », quand il sera vraiment prêt.
Dernier prototype du stand, les ClubSport Pedals V4, première conception entièrement nouvelle des ClubSport depuis 2008. Elles remplaceront les V3, reprennent une grande partie de la géométrie et du style des Podium Pedals, avec les bords chanfreinés des V3, et se placeront au milieu de la gamme, sous les Podium. Là où la pédale V3 arrivait d’un bloc, les éléments sont séparés ; la plaque de fixation est incluse, ce que n’ont pas les Podium, avec un choix d’élastomères, et on peut même y glisser un bloc de métal, ou une cale pour zéro course. Pour un moteur haptique, les trous de fixation sont là volontairement : « On y réfléchit. » Pour le prix et la date, même réponse que pour le volant : « dans le courant de l’année prochaine ».
Ce que ça change : sur base Fanatec, un volant à écran pensé pour SimHub et la PlayStation arrive l’an prochain. Sur une autre base, rien de promis.
Le chapitre dans la vidéo : Fanatec, à 1:52
MOZA : la PlayStation, enfin
Ish, de MOZA Racing, a ouvert avec le kit haptique PHF pour les pédales, « que la communauté réclamait beaucoup » : l’ABS, la route et les vibrations du moteur dans le pied. Puis des volants sous licence. Le Ford Mustang GTD, à jante en D, reprend la plaque centrale de la vraie GTD, avec des palettes magnétiques usinées dans la masse et un cadre en alliage d’aluminium. Le Porsche 911 GT3 RS est « quasiment la réplique exacte » du volant de la vraie voiture, bouton arrière compris ; un écran Ultra HD optionnel se fixe au dos pour qui veut plus d’infos. Et, nouveau partenariat, deux volants Mercedes-Benz en carbone pressé à chaud, un style GT et un Formula, avec un écran central tactile qu’on personnalise dans MOZA Pit House, ou qu’on recouvre d’un cache ; Ish cite la Vision One-Eleven comme inspiration.
Puis la question qu’il entend à chaque salon : « Où est Sony ? À chaque fois, vous voyez. Et c’est parfois dur de répondre, mais ravi d’enfin vous le montrer. » Le R16S Ultra et le R5S Pro, compatibles PS5 et rétrocompatibles PS4, sont livrés avec le volant et un pédalier SRP2. Tout l’écosystème suit, sauf le système de mouvement HMA150, le mBooster et l’haptique pour pédales, qui le seront « peu après » la sortie, le temps d’une mise à jour. La sortie ? « À la fin de l’année. » Les prix ? « Bientôt, très bientôt. »
Dernière nouveauté, la première de MOZA avec MotoGP : une plateforme de sim moto qui se pose sur un bureau, compatible avec les bases MOZA. Le guidon tourne, contre-braque et penche, et ses poignées se remplacent par celles de votre moto. D’autres produits suivront, « bien plus avancés ».
Important
Sur PS5, le kit PHF, le mBooster et le HMA150 ne seront pas compatibles à la sortie. Si vous comptez sur eux, attendez la mise à jour promise « peu après », sans date, avant d’acheter.
Le chapitre dans la vidéo : MOZA, à 11:17
Simucube : l’ActivePedal Sport, en plus petit
Chez Simucube, je suis venu avec la question de la communauté : l'ActivePedal Sport, est-ce la même pédale en moins cher, ou autre chose ? Je l’ai essayée sur le stand, réglée à 75 kg avec une courbe de force exponentielle, avec la Co-Pedal à l’accélérateur.
La réponse de l’équipe Simucube est nette : mêmes effets, mêmes réglages, mêmes profils que la Pro et l'Ultimate. Seules la force maximale, 100 kg, et la course, 60 mm contre environ 75 mm pour la Pro, sont limitées. Un profil de Pro ou d’Ultimate s’importe donc tel quel, tant qu’il ne dépasse pas 100 kg. Le but était qu’elle soit aussi courte que la nouvelle Co-Pedal : elle est même environ 2 cm plus courte, pour entrer dans quasiment tous les châssis. Son prix, 901 € HT, est un peu plus élevé que chez MOZA et Simagic, je crois, et je l’ai dit. Pas de base plate dédiée au lancement : « à terme, sans doute ». Elle va quand même sur l’actuelle, un peu grande pour elle.
Mon ressenti, avec la prudence d’un essai de stand : la pédale, l’ABS qui tape dans la chaussure, et pour l’instant, pour moi, c’est pareil que sur mes ActivePedal, que j’ai depuis deux ou trois ans. Quand on passe à l’actif, on ne revient pas au passif. Ce qui me manquait, c’était un réglage par voiture : je crée mes profils (MX-5, GR86, la nouvelle Caterham sur iRacing) et je les partage, et la plateforme de partage de Simucube permet de trouver ceux des autres. Simucube conclut : « La sensation est étonnamment proche des modèles plus chers. »
Ce que ça change : si vous manquez de place, c’est elle, et vos profils d’ActivePedal la suivent.
Le chapitre dans la vidéo : Simucube, à 16:56
Sim-Lab : la DDS, enfin là, et mon essai
Juan m’a montré la DDS en 39 Nm, « enfin là ». Pourquoi si long ? Les précommandes ont ouvert le 1er août, et Sim-Lab assume : « Évidemment, on sait que ces délais ne sont pas idéaux, on le comprend, mais on veut la meilleure version de chaque produit. » Depuis le salon de l’an dernier, la mécanique interne n’a pas bougé (même architecture, mêmes alimentations), mais côté logiciel et firmware, « c’est une nouvelle base ».
Autour, la grande nouveauté du stand était le volant Porsche 963, réplique 1:1 de celui de la vraie voiture hybride, « un travail incroyable » selon Juan. Le Cosworth, teasé l’an dernier, est attendu début 2027, et le GTSL Ultimate venait d’être annoncé. La nouvelle button box, elle, a 25 boutons et un rotatif doublé d’un switch 7 directions ; elle est plug and play, et dans Race Director, le rotatif devient sélecteur de pages : « au lieu de 25, vous avez 175 boutons ». C’est le genre d’outil qu’il faut pour la black box de Le Mans Ultimate. Mon ancienne button box vient de SimRep, et Sim-Lab l’a reprise sous sa marque : la nouvelle en est, en gros, une version revue.
J’ai pu essayer la DDS sur le stand. C’est une très bonne base, plutôt impressionnante, d’une réactivité quasi instantanée : ce qu’on voit à l’écran, on l’a dans la main. Quand on prend une raquette, on la prend assez violemment, mais ça reste contrôlé. La direction se durcit avec la vitesse. Par contre, il y avait trop de vibrations : volant lâché, il oscille dans tous les sens, et sur les vibreurs ou dans l’herbe, ça vibre comme pas possible. Sim-Lab dit que tout se règle, et m’a montré les panneaux pour le faire. Le hardware est très bon, tout va se jouer sur le logiciel ; effet salon, à voir sur la durée.
Ce que ça change : si vous l’avez précommandée, en DDS26 ou en DDS39, prévoyez un passage par les réglages des vibrations.
Le chapitre dans la vidéo : Sim-Lab, à 25:43
Asetek : la DD10 et le GT Nova
Chez Asetek, l’équipe du stand a commencé par la gamme de bases : quatre, de 5,5 à 27 Nm. L'Initium de 5,5 Nm passe à 8 Nm avec la nouvelle alimentation (Boost Kit). La nouveauté, la DD10, fait 10 Nm d’origine, évolutive jusqu’à 14 Nm ; au-dessus, la Forte de 18 Nm et l'Invicta de 27 Nm, celle de mon test complet. La DD10 est en vente le 27 octobre, à 499 €, TVA allemande de 19 % comprise (499 $ plus la taxe de vente aux États-Unis).
Son argument : l’USB passthrough, comme la Forte et l’Invicta. Tous les volants Asetek s’y branchent, y compris ceux à grand écran Race View, comme ceux des partenaires vendus directement avec l’adaptateur Asetek : plus de câble spiralé qui pend du volant, « il est, pour ainsi dire, sans fil ».
Le GT Nova, présenté pendant le salon, est un volant papillon : boutons entièrement rétroéclairés, deux rotatifs à 12 positions, deux molettes pour les pouces, deux funky switches à sept directions. Ses palettes magnétiques sont plus nettes, avec une course plus courte, et une butée souple fournie leur rend la sensation des anciennes ; un second jeu de palettes peut s’ajouter. Les nouvelles poignées LMP Mark II sont incluses, retravaillées d’après les retours sur les premières.
Deux fonctions le distinguent. Le multi-link : 12 positions qu’on nomme dans RaceHub (antipatinage, ABS, répartition de freinage), et le nom du réglage choisi s’affiche sur le petit écran. Et le réglage de la base en pleine course, preset, retour de force, rotation, amortissement, sans ouvrir le logiciel : « C’est comme avoir RaceHub sur le volant. » Le tout pour 299 €, taxe de vente allemande comprise, d’après le stand.
Ce que ça change : la DD10 devient la plus petite base Asetek avec l’USB passthrough, et le GT Nova met les réglages de la base sous vos doigts.
Le chapitre dans la vidéo : Asetek, à 31:11
Ascher Racing : l’AURA GT dans le détail
Marcel Ertle avait une priorité pour l’année : l’AURA GT, en button plate et en volant GT prêt à rouler, « car nos clients le demandaient ». C’est le premier volant Simucube Link d’Ascher Racing : sur une base Simucube, il se monte sans aucun fil, entièrement plug and play. Le modèle du stand avait une jante Sparco R353 de 350 mm, et tous les boutons restaient faciles à atteindre.
L’AURA GT succède à la B-Series, vieille de six ou sept ans, et le détail a été soigné. Les cabochons en deux pièces viennent de l'Artura : j’adore, on les change sans autocollant, et Ascher prépare même un cabochon qui en accepte un, à la demande de clients. Les switches 7 directions ont des embouts plus creusés, des parties en relief guident les doigts vers les boutons, et les encodeurs pour le pouce s’actionnent par l’avant comme par l’arrière, avec une fonction push. Les LED RGB sont 40 % plus lumineuses que sur l’Ultimate, parce qu’un volant GT est sous le champ de vision, et les shift lights sont sur le volant : « souvent, la jante cache les LED du tableau de bord ». Les rotatifs 12 positions acceptent un focus shroud en option, une planche d’autocollants préparée avec Lovely Sim Racing sera fournie, et en magic mode, un seul réglage reste visible.
Derrière, palettes de vitesse Gen 6 et palettes d’embrayage Gen 4 sont montées sur un bloc qui s’écarte ou se rapproche d’un seul tenant : « on n’a pas tous la même taille de main », et avec une jante de 350 mm, écarter la palette seule allongerait le bras de levier. Des cales, fournies, permettent aussi de les reculer. Sortie au premier trimestre, sans prix annoncé.
Ce que ça change : sur une base Simucube, l’AURA GT se monte sans câble, et si vous avez déjà une jante, la button plate peut suffire.
Le chapitre dans la vidéo : Ascher Racing, à 35:19
BavarianSimTec : du neuf pour les volants déjà vendus
Klaus Kaufmann, le patron de BavarianSimTec, m’a accueilli en français, et on a parlé de la France et de voile avant de passer à l’anglais. Cette année, pas de volant entièrement neuf, mais du neuf pour ceux qui en ont déjà un. L'Alpha, son volant préféré, reçoit en novembre quatre éditions au prix de l’Alpha standard : Devil Red, Obsidian Black, Royal et Arctic Blue. Leurs autocollants sont aussi vendus pour les Alpha déjà achetés, et un outil en plastique permet de les décoller : sans racheter de volant, vous avez un nouveau volant. Le Delta PRO et le Delta PULSE gagnent des façades carbone de couleur, six vis à retirer, y compris sur un volant déjà acheté.
Pourquoi ? D’abord l’écologie : on garde son volant longtemps, avec un look neuf après un an ou deux. Ensuite le prix : « Il est fabriqué en Europe, en Bavière, donc on ne peut pas rivaliser avec les prix asiatiques. » Autant le garder actuel le plus longtemps possible.
L'OmegaPRO v2 passe en version LCI, pour Life Cycle Improvement. BavarianSimTec a passé un an à interroger ses acheteurs, qui ont tous dit : gardez le design. Le dessin ne change presque pas, à quelques retouches près sur le carbone, mais l’électronique, les encodeurs, l’USB-C et les palettes de nouvelle génération du Delta sont neufs. Sur le bruit, Klaus ne tourne pas autour du pot : « Soyons honnêtes : sur l’Alpha et l’ancien Omega, c’était bruyant. » Les nouvelles palettes sont amorties des deux côtés, avec le même toucher, et le clic aigu qui dérangeait a disparu ; le son, je l’ai trouvé noble. En novembre arrive aussi une version SC de l’Omega avec light bridge : le deuxième volant de la marque à en avoir un, après le Delta (Delta PRO SC). Et pour 2027, Klaus laisse deviner.
Ce que ça change : un Alpha ou un Delta se rhabille sans racheter de volant.
Le chapitre dans la vidéo : BavarianSimTec, à 41:05
VPG : « pas une réplique »
Mike (Michele Vandone), de VPG, a déballé devant moi le Porsche GT3 R, vendu sous le nom de Porsche 911 GT3 R Evo : 309 mm, et « ce n’est pas une réplique, c’est exactement le même que celui de la voiture qu’on a juste ici ». Il tenait les deux : même plaque avant, même coque, mêmes poignées, même design des pièces en aluminium. VPG a redessiné la palette pour retrouver la course et le clic de la vraie, et la démonstration se fait à l’oreille. Seul ajout : des boutons poussoirs, dont le vrai pilote n’a pas besoin.
Entièrement compatible SimHub, avec pass-through, le GT3 R inclut sa palette du haut, électronique comprise, là où le kit d’embrayage Duo-Mode du 911 Cup s’achète à part : deux vis, sans câble, puis un premier étalonnage dans VPG Console. Capuchons, autocollants et câble USB sont dans la boîte. Cup et GT3 R pèsent environ 1,1 kg, « l’un des plus légers du marché », selon Mike.
Le Mission Sim, lui, a été conçu spécifiquement pour l’hypercar, en plus d’un an. Il fait 29 cm, avec un écran tactile de 5 pouces collé sur du Gorilla Glass, pour éviter poussière et défauts avec le temps : « Un volant de 29 cm avec 5 pouces, ce n’est pas facile à faire. » En façade, des boutons poussoirs, quatre encodeurs infinis et un commutateur de multi-mappage ; ajoutez des commandes au pouce, dont deux funky switches à sept directions, et deux boutons « secrets », alignés sur la palette, pour ne jamais lâcher la poignée. L’arrière est en aluminium CNC anodisé noir mat, l’épaisseur de 18 mm, pour environ 1,3 kg sans QR, et tout se règle dans SimHub. Ses boutons en époxy, comme sur tous les volants VPG, sont très agréables au toucher.
Merci encore à Mike : mon premier enregistrement n’avait pas pris, et on a refait l’interview le dimanche.
Ce que ça change : le GT3 R pour le volant de la vraie voiture, le Mission Sim pour un volant dessiné pour la simulation.
Le chapitre dans la vidéo : VPG, à 51:48
SimUltimate : les nouveautés Qubic System
Sur le stand SimUltimate, un membre de l’équipe, dont le nom n’a pas été dit, présentait les nouveautés de Qubic System. D’abord un module sous le siège, lui aussi sans nom : deux petits amortisseurs qui montent et descendent la plateforme, et un retour haptique « très net et précis » où l’ABS se sent, comme les vibrations du moteur à l’arrêt. Il se visse à travers la plaque et la matière du siège, les amortisseurs passant par le trou du harnais cinq points. Moi qui ai un QS-H13, j’y vois une autre façon de simuler ce qu’il apporte ; chez SimUltimate, on ne s’attendait pas à autant de retour.
Ensuite, les vérins QS-220 sur la nouvelle plateforme TP1, la QS-TP1 Traction Pro : « très fluide », avec un retour net. « Je crois que l’ancienne faisait environ 160 kilos. Celle-ci fait 85. » Vendue complète ou en kit, elle passe en pièces par une porte étroite, avec environ huit heures de montage selon Qubic. Le nouveau tendeur de harnais n’était pas sur le stand ; l’ancien, le QS-BT1, est « très bon », je l’ai avec mon seat mover, et le nouveau sera « plus abordable ».
Enfin, un seul contrôleur pilote toute l’haptique : les six bass shakers Dayton Audio du simulateur, les petits, et le module sous le siège, le tout sur deux alimentations, et facile à installer d’après SimUltimate.
Ce que ça change : la TP1 pèse environ moitié moins que l’ancienne plateforme, et un seul boîtier pilote toute l’haptique.
Le chapitre dans la vidéo : SimUltimate, à 1:01:10
Sensit : des shakers maison et une appli réécrite
Titus, de Sensit Haptics, présentait d’abord les bass shakers Apex Ultra, quatre en tout, dans le siège et à l’arrière, à la place des Dayton Audio. Sensit les fabrique désormais en interne, et maîtrise le processus de bout en bout, qualité et performances comprises. Un dissipateur les garde au frais l’été, et leur plage va d’environ 25 à 30 Hz jusqu’à 200 Hz, plus large surtout vers le haut, avec un rendu « plus arrondi » qui se diffuse sur le corps. « Ce n’est pas une révolution, juste des raffinements. »
Les Apex Ultra sont livrés dans le nouveau siège depuis trois mois, sans que les clients le sachent : Sensit voulait d’abord les éprouver. « Le plus simple à mesurer, c’est toujours le taux de retour » : le ressort en plastique des Dayton cassait souvent au transport ou à l’usage prolongé, et les retours pour problème technique ont nettement baissé. Titus les a aussi usés lui-même, en endurance de 24 heures, en plein été.
Ensuite, l’application. Les effets sont refaits de zéro et passent en multicanal : la route se ressent aux quatre coins, plus seulement à l’avant et à l’arrière, en séparant textures et impacts, et l’effet moteur est reconstruit. Le mode casual reste plug and play : intensité, fréquence, presets moteur façon V8. Le réglage fin répond à la communauté (« J’adore le logiciel, la latence, mais je veux plus ») : chaque effet s’affine et se sauvegarde en preset par voiture ou par piste, la latence a encore baissé, et un overlay montre quel effet se déclenche, et comment. Sur le stand, les réglages m’ont paru très bons, là où beaucoup d’autres sont trop agressifs. J’ai remplacé shaker et kicker par le Sensit, qui met tout en un seul produit, directement sur vous : mon test du MTC-P Extreme 2 explique pourquoi. D’autres annonces suivront, « certaines à court terme, d’autres à long terme ».
Ce que ça change : l’appli vous donne la main sur chaque effet, et un siège Sensit récent a peut-être déjà ses Apex Ultra.
Le chapitre dans la vidéo : Sensit, à 1:05:29
BDH : l’Active et la calibration
Sur le stand, l’équipe BDH m’a présenté sa gamme : le S1 uniquement séquentiel, le H1 uniquement en H (les deux peuvent se monter ensemble), et le H2 SQ, à double rail, qui fait les deux : on tourne une bague à l’arrière et le mode change en quelques secondes. Sur le S1, deux vis règlent la résistance. Les leviers en H ont un rail de plus pour les rapports 7 et 8, souvent la marche arrière : pas besoin de soulever, on pousse simplement avec la paume. Et tous ont une molette de tension : serrée à fond, le levier bouge encore, « mais je vais bouger la table, bien sûr », dit mon interlocuteur ; desserrée, il se manie d’un doigt.
La vedette, c’est l'Active : un shifter dont le moteur crée le retour haptique, craquement de boîte et verrouillage compris, avec un passage façon boîte synchronisée ; un mode boîte à crabots, sans embrayage, est en développement. Son mécanisme interne est différent, forcément un peu plus dur, et dès qu’il est relié au moteur, c’est lui qui gère tout, séquentiel compris. Rater un rapport ou oublier l’embrayage, c’est se faire rejeter ; j’ai baissé la force, c’était trop pour moi. Mon interlocuteur : « Ce que j’adore, c’est quand les gens disent : j’ai peur de le casser. » L’idée : avoir l’impression de casser la boîte, sans la casser pour de vrai.
Mon avis, je le lui ai dit : le ressenti et le passage des rapports marchent, c’est très bien, seul le logiciel peut s’améliorer. Il arrive calibré, mais refaire la calibration n’était pas clair, et l’écran OLED reste allumé tant que l’USB est alimenté, même PC éteint. BDH le reconnaît : la calibration va changer, et un mode veille est « clairement à faire ».
Astuce
Pour recalibrer, BDH conseille d’ignorer les messages à l’écran, trop lents, et de passer calmement les huit rapports, au moins deux fois.
Ce que ça change : le matériel est là ; reste le logiciel, que BDH promet de retoucher.
Le chapitre dans la vidéo : BDH, à 1:13:19
Pokornyi Engineering : du sim racing en kit
Balázs résume Pokornyi Engineering en une image : « des kits façon LEGO pour sim racers ». La plupart des produits existent aussi finis, mais un configurateur permet de tout choisir, boîtier en aluminium ou à imprimer soi-même, évolutions plus tard ; pas de soudure, le circuit imprimé est fourni, et il ne reste qu’un assemblage « pas plus difficile qu’un meuble IKEA ». J’ai déjà monté des kits DIY d’autres marques : c’est exactement ça, du LEGO pour adultes. Et DIY ne veut pas dire bas de gamme : ce qui est exposé utilise les matériaux haut de gamme de la marque, et son dernier volant est le premier avec une coque en fibre de carbone sur mesure, poignée à boutons amovible, rotatifs et autocollants au choix.
La nouveauté du salon, la Multi Box, conçue spécialement pour l’occasion, est un afficheur de drapeaux avec un encodeur rotatif. C’est un module de leur panneau de contrôle modulaire : jusqu’à trois modules autour d’un module principal, reliés par des supports droits ou coudés, un hub USB dans les gros modules, et un seul câble USB vers le PC pour la button box, les drapeaux et même le dash. C’était la première fois que je voyais ça. Sur le stand, les visiteurs montaient leur module en atelier et repartaient avec : « C’est ce qui donne aux gens un autre lien avec l’appareil ensuite, parce qu’ils l’ont construit, et en général, pour être honnête, ils en montent toujours plus. »
Ce que ça change : vous commencez petit et ajoutez des modules au fil du temps, avec un seul câble vers le PC.
Le chapitre dans la vidéo : Pokornyi Engineering, à 1:21:51
FAQ
Le volant à écran de Fanatec fonctionnera-t-il sur la base d’une autre marque ? Pas forcément dès la première version : pour l’instant, le prototype n’envoie en USB que les données de l’écran. Fanatec dit avoir reçu beaucoup de demandes et regarder si c’est faisable.
Les accessoires MOZA fonctionneront-ils sur PS5 ? Oui, sauf le HMA150, le mBooster et l’haptique pour pédales, attendus par une mise à jour peu après la sortie.
Un profil d’ActivePedal Pro fonctionne-t-il sur l’ActivePedal Sport ? Oui, tant qu’il ne dépasse pas 100 kg de force.
Pourquoi la DDS de Sim-Lab a-t-elle pris autant de temps ? Sim-Lab voulait la meilleure version possible : même mécanique, mais un logiciel et un firmware nouveaux.
Quand sort la DD10 d’Asetek, et à quel prix ? Le 27 octobre, à 499 € TVA allemande comprise, avec 10 Nm d’origine, évolutive jusqu’à 14 Nm.
Peut-on mettre les nouvelles couleurs BavarianSimTec sur un volant déjà acheté ? Oui, les autocollants de l’Alpha comme les façades du Delta.
Pourquoi des sous-titres plutôt qu’une voix off ? Pour ne pas dénaturer ce que disent les marques : leurs mots restent les leurs, sous-titrés en français.
Pour aller plus loin
- Comparer les volants de ces interviews sur Build My Rig : prix en temps réel chez tous les revendeurs
- Mes interviews du salon en vidéo sur YouTube : les douze échanges, en anglais pour la plupart, sous-titrés en français, un chapitre par marque
- Mon condensé du salon : ce qu’il fallait retenir : toutes les annonces, prix et dates
- Mon avis sur la SimRacing Expo 2026 : ce que je retiens de ces trois jours à Francfort
- Mon test de l’Asetek Invicta 27 Nm : la base 27 Nm d’Asetek, dont la DD10 reprend l’USB passthrough
- Mon test de l’Ascher Artura Ultimate : le volant dont l’AURA GT reprend les cabochons en deux pièces
- Mon test du BavarianSimTec Delta PULSE : un Delta qui peut recevoir les nouvelles façades carbone de couleur
- Mon test du Sensit MTC-P Extreme 2 : pourquoi ce siège haptique a remplacé mon shaker et mon kicker
- Mon tuto pour utiliser un volant Fanatec sur une autre base : les kits et les adaptateurs qui le permettent déjà sur une Simucube, une MOZA ou une Simagic
Les produits cités, et leur prix aujourd’hui
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